La recette de la réussite selon Chantelle Lecourt

Vous pensez que les métiers de la mode et du luxe sont inaccessibles ? Qu'être styliste, créatrice est impossible ? Pour vous prouver le contraire, je vous partage ma rencontre avec Chantelle, une jeune créatrice qui a réussi à élever sa marque Channy sur les podiums de la Fashion Week de Vancouver et qui la propulsera beaucoup plus loin.

Aujourd’hui j’ai envie d’adresser un message d’espoir et d’encouragement à toutes celles qui griffonnaient des vêtements sur des carnets avec les mannequins pré-dessinés, et surtout à tous les parents; Chantelle l’a fait, c’est possible!

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Depuis toujours elle a un rêve, celui de devenir créatrice de mode, et même celui d’ouvrir sa maison de couture.

Partout vous lirez que ses grands mères ont baigné dans cet univers, chez Guerlain, mais Chantelle a tracé son chemin toute seule, par passion et persévérance. C’est ce joli parcours qui m’a motivé à vous concocter la recette de la réussite.

La passion comme ingrédient principal

La question ne se pose pas, elle a toujours voulu faire ça! En partant étudier à sup de mode Lyon, une école réputée, elle ne se sent pas à sa place (classes surchargées, professeurs indisponibles,…) et revient finalement à Tours pour étudier au centre de formation des arts de la mode.

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Jamais entendu parler de cette formation auparavant mais conquise. Le travail est sérieux, suivit, quasiment comme un cours particulier. Elle termine ses deux années et enchaîne par un service civique visant à transmettre son savoir et seconder la formatrice tout en affinant ses possibilités d’évolution. 

Si on ne vient pas en cours, qu’on arrive toujours en retard ou qu’on ne se donne pas à fond, on ne peut pas y arriver.

Elle y apprend le travail d’équipe, et approfondie ses connaissances sur la conception et la gestion des créations.

A l’issue de cette formation, je ne me sent pas comme sortant de l’école mais comme une jeune professionnelle.

Comme quoi la réputation de l’école ne fait pas l’artiste. Où que vous soyez, il suffit d’être passionné et de se donner les moyens de réussir. 

Son conseil : avoir une bonne formation, des bases solides, apprendre à transcrire son idée sur papier et maîtriser le patronage.

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Mélanger avec de la confiance en soi et de l’ambition

Chantelle le clame haut et fort : « le monde de la mode est difficile mais pas inaccessible ».

Il faut être prêt à enchaîner démotivations sur démotivations, à se forger une carapace.

Elle se lance et pousse son projet à fond en créant sa marque Channy pour environ 200 euros et en travaillant son site internet.

Vient ensuite l’inscription au concours talons aiguille de Lille, présidé par Chantal Thomas. Elle ne gagne pas le premier prix mais se fait remarquer pour son amour du textile.

En stylisme, beaucoup de créations sont réalisées avec des matières atypiques: aluminium, plexiglas. Chantelle n’est pas du tout dans ce registre là, elle travaille avec le tissus pour élaborer des tenues de soirée confortables. Elle sait où elle veut aller, et c’est ça qui plaît aux organisateurs de la Fashion Week de Vancouver, qui l’a contactent suite à ce concours, sur Instagram.

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Justement, l’ambition, ce n’est pas ce qui manque chez elle. Hors de question de faire des retouches! La Fashion Week c’est une centaine de créateurs dont 75 qui travaillent très bien et sont des entreprises.

Le défilé Channy présentera 12 tenues, c’est peu par rapport à une collection de 50 mais il faut faire en fonction du budget et des aides financières (compter 40 000E pour 50 tenues, 5000E pour 12) sans oublier le prix des matières, des shooting, vidéos…

12 tenues c’est amplement suffisant pour vendre ou tout du moins ouvrir un marché d’acheteurs.

La Fashion Week c’est un tremplin! On doit connaître la marque, en entendre parler et la voir partout. Il faut aussi user du cercle médiatique pour se constituer une clientèle.

Chantelle a un autre conseil pour vous : il faut participer à des événements et aller à la rencontre des gens pour obtenir des avis. Ça vous aidera à avancer.

De l’originalité et une bonne dose de savoir faire

Si le travail est de qualité, ça plaît et ça paye!

L’artisanat, la finesse et le temps passé sur une robe d’une telle matière monte le prix à environ 1600E.

L’ensemble de la collection suit un contexte métallisé dans les tons or, noir, bleu, argent et blanc.

La priorité est de terminer cette collection mais la prochaine est déjà dans sa tête. Elle souhaite innover en mêlant à ses défilés d’autres arts tels que la sculpture ou le tissus aérien…

L‘inspiration vient toute seule quand on aime ce que l’on fait, il n’y a pas d’inquiétude à avoir sur ce point.

Cependant, réussir ne signifie pas accepter n’importe quoi. Chantelle met en garde, toutes les propositions ne sont pas bonnes à prendre. Il ne faut pas déroger à ses valeurs ou à son instinct. Il suffit de prendre les bonnes opportunités au bon moment.

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Rester fidèle à soi même

Elle s’inspire moins de Chanel ou Elie Saab que d’Azzedine Alaia, Fendi et Alexandre Vauthier. Elle aime créer en décalé, avec l’idée qu’une robe de mariée peut être noire avec une traîne ajustable.

La marque Channy est bourrée de valeurs, c’est ce qui véhicule un souffle nouveau sur le monde de la mode. On ne fait plus de copié collé aujourd’hui mais on s’adapte à la morphologie de la personne. C’est une marque qui a posé ses objectifs et ses limites.

Par amour des animaux, Channy n’exposera pas de tenues avec du cuir ou de la fourrure (sauf si elle est synthétique) mais privilégiera plutôt des broderies. Chantelle aime les choses fines et se verrait bien créer un jour des robes de mariées, se tourner aussi vers une clientèle masculine qui privilégie la qualité à la quantité, participer au concours plumassier, pourquoi pas créer 8 tenues pour se présenter au concours LVMH, viser Cannes et beaucoup plus loin encore. Elle a toujours voulu être créatrice et ne souhaite pas se mélanger à ses mannequins, d’où sa tenue pour la Fashion Week qui fera totalement contraste avec sa collection.

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Pour le moment elle travaille seule et ne peut pas vivre de ses créations mais ça ne saurait tarder. Et puisque l’objectif est de monter sa maison de couture, pourquoi pas sous traiter un jour, pour obtenir un savoir faire plus varié, tout en conservant le made in France.

Ne pas oublier d’où l’on vient

Chantelle Lecourt est attachée à la fabrication française comme à sa région.

On n’est pas obligés d’aller jusqu’à Paris pour réussir, on fait de très jolies choses en Touraine.

C’est important de puiser dans ses racines et de passer du temps avec ses proches rappelle-t-elle.

C’est eux qui me soutiennent, qui me recadrent et me permettent de déconnecter. Lorsque je travaille beaucoup sur une robe et que je ne peux plus la voir, je passe du temps avec eux, pratique le tissus aérien ou les arts martiaux. Après je me remets sur ma robe et j’avance.

Son rêve est de pouvoir porter ses créations

Quand tu t’appelles Chanel, c’est facile de porter tes tenues, mais quand tu t’appelles Chantelle…

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Chantelle a un dernier conseil : se sont ses erreurs qui ont fabriquées ses plus belles créations (un peu comme la tarte tatin ou les carambars). Il ne faut pas baisser les bras après un échec.

Suivez vos rêves et soyez aussi contents qu’elle de vous lever le matin.Visez loin et juste, quand on aime tout est possible. 

 

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